Gloria Rios Ayzú * México
El Jardín Perdido
Vi los jardines antes de nacer.
No eran de esta Tierra,
pero la Tierra los soñaban.
Brillaban sin sol
y la luna no se atrevía a mirarlos.
Allí crecen rosas que no pinchan,
cantan las aguas sin necesidad de cauce,
y los nombres no dividen,
sino que bendicen.
Yo era una niña aún no pronunciada,
pero ya llevaba el sello
de la rosa blanca entre las manos,
y la promesa del equilibrio
en el hueco de mi pecho.
Desde entonces,
todo ha sido espera.
Las guerras me rodean como fuegos sin fin,
y yo, que fui creada para la paz,
camino con los pies desnudos
sobre el campo de los gritos.
He visto a los hombres perderse en sus banderas,
y a los niños olvidar cómo se llama el juego.
He visto la justicia rendirse ante el oro,
y el silencio convertirse en moneda de cambio.
Y aun así, no he dejado de sembrar.
Mi jardín aún no florece,
pero conozco su aroma.
Es verde como las esmeraldas
que no se venden.
Allí la paz no es ley, es sustento.
Allí las palomas no huyen del humo,
y las lágrimas se transforman en agua de vida.
Soy la hija del Reino,
y mi hora no ha llegado.
Pero guardo la rosa en mi pecho
como quien sostiene un amanecer
que no se ha escrito aún.
Porque sé,
aunque aún no lo vean,
que hay un jardín esperando por todos,
y que la paz,
la verdadera paz,
no se conquista…
se cultiva.
Ese jardín que espero
no es de unos pocos,
ni florece sobre el imperio que somete.
Es justicia en equilibrio,
es rosa blanca en armonía.
Allí la espada es templaria,
y la paz no es un premio…
es la raíz misma del Reino.
***
Gloria Rios Ayzú Mexique
Le jardin perdu
J'ai vu les jardins avant de naître.
Ils n’étaient pas de cette Terre,
mais la Terre en rêvait.
Ils brillaient sans soleil et la lune n'osait pas les regarder.
Il y a des roses qui poussent sans se piquer,
les eaux chantent sans avoir besoin d'un canal,
et les noms ne divisent pas, mais ils bénissent.
J'étais une fille pas encore prononcée,
mais il avait déjà le sceau de la rose blanche dans les mains,
et la promesse d'équilibre au creux de ma poitrine.
Depuis lors, tout a été attendu.
Les guerres m'entourent comme des feux sans fin,
et moi, qui ai été créé pour la paix,
Je marche pieds nus sur le champ des cris.
J'ai vu des hommes se perdre dans leurs drapeaux,
et les enfants oublient le nom du jeu.
J'ai vu la justice se rendre à l'or,
et le silence devient monnaie.
Et pourtant, je n’ai pas arrêté de semer.
Mon jardin n'est pas encore en fleur,
mais je connais son odeur.
C'est vert comme des émeraudes qui ne sont pas vendus.
Là-bas, la paix n’est pas une loi, c’est une subsistance.
Là, les pigeons ne fuient pas la fumée,
et les larmes se transforment en eau de vie.
Je suis la fille du Royaume,
et mon heure n'est pas encore venue.
Mais je garde la rose dans ma poitrine
comme quelqu'un tenant un lever de soleil
qui n'a pas encore été écrit.
Parce que je sais, même si tu ne le vois pas encore,
qu'il y a un jardin qui attend tout le monde,
et la paix, la vraie paix, elle n'est pas conquise… est cultivé.
Ce jardin que j'attends Ce n'est pas le cas de quelques-uns,
et elle ne prospère pas non plus sur l’empire qu’elle soumet.
C'est la justice en équilibre,
C'est une rose blanche en harmonie.
Là est l'épée des Templiers, et la paix n’est pas une récompense…
C'est la racine même du Royaume.